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jeudi, mars 31 2011
Par Yanouche le jeudi, mars 31 2011, 08:06
Consécutivement à mon arrivée sur le continent africain, le Kilimandjaro est rapidement devenu un objectif à mes yeux. Cet ainsi que dès le mois de Mai 2010 je commençais mes 1ères recherches. Ne pouvant me procurer des livres sur le sujet à Franceville, c’est sur Internet que s’est donc concentré l’essentiel de mes recherches. Les sources d’informations ne sont pas nombreuses mais je parvins malgré tout à trouver blogs et témoignages intéressants. N’étant pas un randonneur expérimenté ni un habitué des treks sur plusieurs jours, l’ascension du Kilimandjaro constitue donc une expérience nouvelle pour moi. Rapidement je tente de motiver mes colocs, Juliette et Guillaume, ainsi que quelques amis français pour m’accompagner. Après plusieurs semaines de réflexion, seule Juliette se décide à m’accompagner. Même si j’étais prêt à partir seul, la compagnie de Juliette n’est pas pour me déplaire et rendra l’aventure plus sympa !
Avant d’aller plus avant dans la description quotidienne de l’ascension, je vais d’abord vous présenter ce fameux Mont Kilimandjaro.
Le Mont Kilimandjaro est situé à 330 Km au sud de l’Equateur, au Nord de la Tanzanie, en bordure du Kenya voisin. Le Kilimandjaro est la plus haute montagne du continent africain, il est composé de 3 volcans éteints : Kibo (5.895 m), Mawenzi (5.149 m), et Shira (3.962 m). Il est aussi le plus haut mont, n’appartenant pas à une chaîne de montagnes, au monde. Le Kilimandjaro est situé sur la grande vallée du rift est-africain, laquelle s’est formée entre 2 millions et 1 millions d’années. Il y a environ 750.000 ans, le Kilimandjaro a commencé à en émerger sous l’effet de l’ouverture des plaques provoquant la remontée du magma à la surface. On estime qu’il a atteint sa taille actuelle il y a 450.000 ans. Suite à l’arrêt quasi-total de l’activité volcanique il y a 100.000 ans, des glaciers apparurent aux sommets et une forêt équatoriale se développa sur ses contreforts. Le 1er homme à réussir l’ascension complète du Kilimandjaro fut Hans Meyer en 1889.
Au niveau du climat, le Kilimandjaro présente des conditions variant du climat équatorial au climat arctique. Le climat de la zone est ainsi le résultat de plusieurs composantes : saison, orientation, altitude. Les premières pentes du Kilimandjaro se présentent sous la forme de plaines chaudes et sèches où la température moyenne s’élève à 30°C. L’ascension se poursuit via une large ceinture de forêts tropicales humides, puis des zones caractérisées par des averses et la baisse des températures. On arrive enfin au sommet avec ses blocs de glaces et ses températures inférieures à zéro. Durant la grande saison des pluies, qui intervient entre les mois de mars et de mai, les nuages s’accumulent au sommet, provoquant des chutes de neige en altitude et des pluies plus bas. A cette saison les températures sont relativement élevées. La grande saison sèche, qui commence vers fin juin, se caractérise par un ciel vierge de tout nuage et des températures nocturnes très froides jusqu’à fin juillet. Les mois d’août et septembre sont également des mois frais mais des cercles de nuages apparaissent généralement au dessus de la forêt. Cependant le sommet demeure généralement dégagé. La petite saison des pluies entre les mois d’octobre et décembre est le théâtre d’orages violents. A cette période la visibilité est excellente au coucher et au lever du soleil, ainsi que durant la nuit. Enfin les mois de janvier et février sont secs, chauds et dégagés, avec de brèves averses de pluie.
Même si l’ascension est généralement possible tout le long de l’année, les meilleurs mois pour réaliser ce trek sont janvier, février et septembre. Les mois de juillet, août, novembre et décembre sont également conseillés.
Plusieurs zones de végétation se distinguent aisément car fortement marquées. Le Mont Kilimandjaro compte ainsi 5 principales zones qui sont :
- Les plantations. Cette zone s’étend de 800 à 1.800 mètres d’altitude. Sous la pression démographique l’homme s’est ainsi approprié les premières pentes du Kilimandjaro, à la fois pour s’en servir d’habitat mais également pour y pratiquer l’agriculture. Les pentes sud et est, du fait de leur hydrométrie favorable et de la fertilité des sols, sont ainsi parsemées de vastes plantations de bananes et de café.
- La forêt. Cette zone s’étend de 1.800 mètres (à la limite du Parc National du Kilimandjaro) à 2.800 mètres. Il s’agit d’une forêt équatoriale luxuriante, caractérisée par de grands arbres et nombre de plantes fleuris. A certains endroits les senteurs sont exceptionnelles…
- Les « Moorland ». Située entre 2.800 et 4.000 mètres, cette zone se caractérise par la disparition des arbres et fougères au profit de plantes, dont certaines telles que les Lobelias géants ou les Senecios sont si imposantes qu’elles font penser à des arbres. Le sol y est également extrêmement rocailleux et poussiéreux.
- Le désert d’altitude. Cette zone est située entre 4.000 et 5.000 mètres. La végétation se fait plus rare et plus discrète dans cette zone caractérisée par des journées très ensoleillées et des nuits glaciales. On y répertorie tout de même 55 espèces de plantes, dont la plupart sont nichées entre les rochers, emplacement préférentiel pour se protéger des agressions du soleil et des températures extrêmes.
- Le sommet. A partir de 5.000 mètres d’altitude nous entrons dans une zone caractérisée par un climat arctique. L’oxygène y est 2 fois plus rare qu’au niveau de la mer et les précipitations prennent quasiment exclusivement la forme de chutes de neige. Mis à part quelques Lichens, la flore y est absente ; tout comme la faune, à l’exception de quelques rongeurs et volatiles. Il n’y a pas de neige au sommet mais uniquement de la glace. Le « Great Northern Glacier » couvre la partie nord du Kilimandjaro. Certaines couches de glaces forment des falaises dont certaines atteignent une hauteur de 30 mètres. La tendance est à la fonte de la glace et à la réduction significative de la taille du glacier. Ce phénomène avait déjà été observé par Hans Meyer lors de plusieurs ascensions entre 1887 et 1898…
L’ascension du Kilimandjaro peut se faire par de multiples routes dont les plus connues sont :
- Marangu Route. Cette route est la plus populaire, il faut compter 5 jours de trek.
- Mweka Route. Il s’agit de la route la plus directe, rapide, et raide pour atteindre le sommet. - Umbwe Route. Cette route est assez courte et relativement route. Il est généralement conseillé de l’emprunter pour descendre depuis le sommet.
- Machame Route. Cette route est de l’avis de beaucoup la plus belle route pour atteindre le Kilimandjaro. C’est cette route que Juliette et moi avons emprunté, accompagné de notre guide Husseini et de nos 4 porteurs.
Juliette et moi quittons le Gabon le 6 octobre 2010 et arrivons à Arusha en Tanzanie le 7 octobre après une escale d’une nuit à Addis Abeba (Ethiopie). Cette première journée en Tanzanie fût consacrée à la prise de connaissance concrète du trek à venir au bureau de l’agence Bobby Tours puis à un repos bien mérité à l’hôtel après une rapide ballade en centre-ville. Le lendemain matin, vendredi 8 octobre 2010, nous quittâmes Arusha vers 8h30 en compagnie de notre guide et de nos 4 porteurs. Il faut compter environ 2h de route pour atteindre les portes du parc du Kilimandjaro à Machame Gate. Pendant que Juliette et moi allons nous faire enregistrer auprès de l’administration du parc, nos porteurs se plient à l’obligatoire pesée des bagages. En effet l’ascension du Kilimandjaro est régie par des règles strictes, et c’est ainsi que les porteurs ne peuvent porter plus de 20kg en supplément de leur sac personnel (dans les faits cette règles n’est guère respectée et il n’est pas rare que les porteurs supportent des charges excédant les 40kg). Une fois ces formalités accomplies, nous nous mettons enfin en route !!
Nous quittâmes Machame Gate, à 1.800 mètres d’altitude, à 11h45, et arrivâmes à Machame Hut, camp où nous passerons notre 1er nuit sur les pentes du Kilimandjaro, à 16h15. Machame Hut est situé à 3.030 mètres d’altitude ; soit un dénivelé de + 1.230 mètres réalisé en 4h30 (dont une pause repas de 15 min). Juliette et moi jugeâmes la difficulté du jour « facile ». Cette 1ère journée fût ensoleillée avec une température de 28-30°C puis d’environ 10°C après le coucher du soleil. L’essentiel de la marche fût réalisée dans la forêt, les derniers hectomètres nous donnant un aperçu de la végétation des Moorland. Dès les premiers hectomètres, et encore plus à l’arrivée au camp, nous nous aperçûmes de l’engouement pour ce trek. En effet il semble que près d’une quarantaine de personnes réalisent également l’ascension du Kilimandjaro en partant le même jour et en formant de multiples groupes, dont les porteurs s’égrainent sur des kilomètres devant et derrière nous. Au terme de cette première journée, le soleil se coucha à 18h30, et Juliette et moi à 19h30 après un bon repas constitué de soupe de concombre, d’émincés de bœuf accompagnés de pommes de terre vapeur et de julienne de légume, et d’avocat en dessert.
Le lendemain, 9 octobre 2010, nous quittâmes Machame Hut à 8h30 (après un lever à 7h) pour 4 heures de marche dans les Moorland. Nous atteignirent Shira Cave Camp (3.840 m) à 13h, soit un dénivelé de (seulement) + 900 mètres parcouru en 4 heures. Ce faible dénivelé cache en fait de nombreuses montées suivies de descentes, d’où une difficulté de moyenne pour cette 2ème journée d’ascension. Tout comme lors de la journée précédente, nous ne ressentons pas d’effets particuliers liés à l’altitude. Niveau météo, la matinée fût ensoleillée avec une température d’environ 25°C et l’après-midi fût brumeuse et des températures en chute autour de 12°C. A 18h30 un copieux dîner nous fût servi : soupe de poireaux, pancakes, riz parfumé et haricots verts, poulet grillé, et pastèque. Après avoir contemplé un magnifique ciel étoilé, nous nous couchâmes vers 21h.
Au terme d’une nuit plutôt fraîche au cours de laquelle les températures descendirent en dessous de 0°C (au réveil le sol était recouvert de givre), nous nous levâmes à 7h et reprirent la direction du sommet sur le coup de 8h20 après une rapide toilette et un bon petit-déjeuner. A notre demande Husseini nous accompagna pour « escalader » le promontoire de Lava Tower, point culminant de la journée avec ses 4.692 mètres (GPS faisant foi !). Après 6 heures de marche et de grimpette nous atteignîmes Barranco Camp, situé à 3.999 mètres d’altitude. Cette troisième journée d’ascension, de difficulté moyenne, fût marquée par 850 mètres de dénivelé positif et 700 mètres de dénivelé négatif avec une météo similaire à la journée précédent, soit du soleil en matinée (10°C). Cette journée fût également marquée, pour ce qui me concerne, par des maux de têtes et les 1ers symptômes du mal des montagnes (sensation d’ébriété) ressentis vers 4.100 mètres pendant une quinzaine de minutes. Le soir venu la fatigue commença rapidement à se faire sentir et nous nous couchâmes à 19h après le traditionnel dîner sous la toile de chambre (soupes de carotte, légumes, pâtes, et pastèque).
La 4ème journée de trek devait nous permettre de rallier Barafu Hut, ultime bivouac avant l’ascension finale sur le toit de l’Afrique. Nous quittâmes ainsi Barranco Camp vers 8h20 pour une étape à nouveau marquée par un fort dénivelé, tantôt positif, tantôt négatif, le tout à une altitude de 4.000 à 4.500 mètres. Les paysages furent magnifiques et les nombreux promontoires nous permirent d’apprécier un panorama exceptionnel. Le début de la matinée fût plutôt ensoleillé mais au bout de quelques heures les nuages couvrirent l’intégralité du ciel et les dernières heures de marche se furent sous un épais brouillard bruineux. Nous estimâmes que les températures oscillaient entre 5°C et 10°C. La journée de marche se termina avec l’arrivée à Barafu Camp à 14h15, où les tentes étaient dispersées autour d’escarpements rocheux à une altitude de 4.640 mètres. Là devant nous, au Nord-Ouest, se dressent à présent les dernières pentes du Kilimandjaro. Last but not least car il reste tout de même près de 1.250 mètres à gravir. Cette quatrième journée, à l’instar des deux précédentes, fût également jugée de difficulté moyenne par Juliette et moi ; et se termina par un copieux dîner (soupe de concombre, pâtes et sauce aux légumes) à 18h00. Il est à noter que ni Juliette ni moi-même n’avons souffert du mal des montagnes en ce 4ème jour. Le début de l’ascension finale du sommet étant prévu à minuit, nous nous couchâmes à 19h mais il fût difficile de trouver le sommeil tant l’esprit était animé de sentiments, mélange d’excitation et d’appréhension…
Ce 5ème jour fût avant tout marqué par un lever alors que le 4ème jour n’était pas encore terminé : 23h55 ! Constat : il fait froid, nuit noire, muscles et articulation sont rigidifiés par la fatigue. Le petit-déjeuner fût rapidement avalé et nous quittâmes le camp à 00h40, lampes frontales vissées sur le bonnet. De nombreux groupes avaient commencé l’ascension avant nous mais il s’avéra que nous les rattrapâmes et dépassâmes rapidement au cours des 2 premières heures. L’ascension fût difficile du fait d’un dénivelé particulièrement fort et d’une pente rendue glissante par des passages dans des graviers. De plus l’entreprise fût nettement compliquée par l’obscurité et le froid ; d’après nous les températures étaient de l’ordre de – 10°C à – 15°C (avec un vent faible). Dans cet environnement, et du fait du manque croissant d’oxygène, notre ascension fût lente et laborieuse (même si nous sommes les plus rapides), chaque pas nécessita concentration et équilibre. Sous un ciel exceptionnellement étoilé et dans un silence seulement troublé par le bruit des cailloux sous nos robustes chaussures, nous suivîmes notre guide qui semblait emprunter une route que nous distinguions avec peine. Les pauses de quelques minutes furent nombreuses (toutes les 15 à 20 minutes environ) et le froid qui saisissait immédiatement les extrémités (je veux essentiellement parler des mains et des pieds…) ne leur conféra pas un caractère agréable. Juliette fût atteinte par le mal des montagnes aux alentours de 5.350 mètres et il ne la quitta plus jusqu’au terme de l’ascension. Son rythme de marche et sa démarche en furent affectés mais elle parvint cependant à suivre le rythme lent mais régulier imprimé par le guide, lequel avait bien entendu remarqué son état… Après une ascension qui parût interminable, nous atteignîmes Stella Point à 5h40. Situé à 5.756 mètres, Stella Point constitue avec Gillman’s Point (5.685 mètres) les accès au cratère par le sud. L’arrivée à ce point constitua une véritable délivrance, d’autant que le jour commençait à se lever et qu’avec lui nous commencions à deviner un panorama exceptionnel. L’ascension n’en était pas pour autant terminée et nous évoluions désormais sur un territoire à l’aspect à la fois lunaire (étendues de roche volcanique sans végétation) et arctique (de grandioses falaises de glaces se dressant sur le versant sud. Nous atteignîmes enfin le Graal à 6h15 : une modeste pancarte en bois matérialisait le point culminant du continent africain, Uhuru Peak et ses 5.895 mètres d’altitude. Après une pause photos bien méritée, nous repartîmes en sens inverse pour revenir à notre point de départ. Au cours de la descente nous croisâmes de nombreux groupes n’en ayant pas encore terminé avec cette dernière ascension. Nous arrivâmes à Barafu Camp à 8h50, engloutîmes un nouveau petit-déjeuner suivi d’une sieste. Puis nous quittâmes définitivement Barafu Camp pour une descente vers Mweka Hut que nous atteignîmes sous la pluie à 14h10. Avec un départ à 4.640 mètres, la journée fût marquée par un dénivelé positif de 1.295 mètres jusqu’à Uhuru Peak et par un dénivelé négatif de 2.795 mètres du sommet jusqu’à Mweka Hut. La difficulté de cette journée fût élevée : froid, obscurité, raréfaction de l’oxygène, fatigue. Je souffris ainsi de fortes douleurs articulaires au niveau des genoux lors de la descente mais ne fût absolument pas sujet au mal des montagnes. Notre dîner fût servi à 18h (soupe de concombre, pancakes, riz, haricots verts et ratatouille) et nous nous couchâmes, épuisés mais comblés, à 19h30.
Pour le dernier jour, le mercredi 13 octobre 2010, nous nous levâmes à 5h15 et commencèrent la marche à 6h15, le but étant de rallier le dernier camp le plus tôt possible pour pouvoir enchaîner le trek avec un safari… Nous traversâmes ainsi la forêt sous des températures agréables et avec une belle luminosité. Après une arrivée à Mweka Gate à 9h05 (1.640 mètres), une attestation d’ascension nous fût décernée et nous en profitâmes pour déguster une bière en compagnie de notre guide et nos porteurs : une bière Kilimanjaro bien entendu !!
L’après-midi de cette même journée et le lendemain furent consacrés à deux safaris, le premier à Manyara Lake, et le second à Ngorongoro Crater. Ce fût l’occasion de voir et d’approcher de près de nombreux animaux endémiques de la savane africaine (lions, zèbres, gnous, éléphants, buffles, hippopotames, autruches, hyènes, chacals, gazelles de Grant et de Thompson, phacochères, babouins…), mais également de réaliser à quel point cette biodiversité est (sur)exploitée, avec des dizaines et des dizaines de 4x4 bourrés de touristes se suivant en véritable file indienne.
Ce récit ne saurait constituer une description exhaustive de mon ascension du Kilimandjaro, ainsi je vous invite à me contacter si vous souhaitez obtenir des informations plus précises.
Pour conclure, et avant de vous inviter à vous rendre dans la galerie photos, voici pêle-mêle quelques mots et expressions swahili (langue parlée en Tanzanie) : - Mambo / Jambo = Bonjour - Mambo vipi = Comment ça va ? - Ahsante = Merci - Karibu = Bienvenue - Pole-Pole = Doucement (molo-molo au Gabon) - Hatari = Attention - Uhuru = Indépendance
vendredi, octobre 22 2010
Par Yanouche le vendredi, octobre 22 2010, 11:35
Le site de SUCAF a déjà fait l’objet d’un article sur mon blog, article en date du 14/02/2010. A l’époque les colocs et moi y avions été pour nous détendre, piscine et tennis dans un cadre extérieur à Franceville.
Cette fois nous n’y allons pas véritablement pour nous détendre mais pour faire la visite de l’usine. En effet nous côtoyons à diverses occasions le directeur de l’usine, Monsieur Guillaume SORDET, et sa femme Dominique. Nous avons ainsi été conviés, en compagnie de quelques familles d’expatriés, à la visite annuelle de l’usine, laquelle a traditionnellement lieu à la fin de la récolte de la canne (fin septembre / début octobre).
Bref rappel de ce qu’est SUCAF (Sucrerie africaine du Gabon) : créée en 1975, SUCAF Gabon est la seule usine fabricant du sucre au Gabon. Elle est l'une des plus grandes pourvoyeuses d'emplois dans la province du Haut-Ogooué avec 500 agents (cadres et agents d'exécution confondus) à temps plein et plus de 600 saisonniers de différentes nationalités en période de récolte.
Notre petit groupe composé de Roxanne, Robin, Hulchica et des 3 colocs arrive sur site à 10h. Quelques instants plus tard l’ensemble des visiteurs est arrivé et nous remontons dans les véhicules pour suivre le directeur des plantations dans les chants de canne à sucre.
La 1ère partie de la visite concerne donc les plantations et la technique utilisée pour récolter et replanter la canne à sucre. Les photos parlent d’elles-mêmes et nul besoin de développer plus mes explications (ce qui m’arrange bien car il commence à se faire tard…).
La visite se poursuit ensuite dans l’usine où nous auront accès à l’ensemble du process de transformation de la canne à l’exception du broyage du fait d’une panne momentanée et des réparations nécessaires qui en découlaient. Notre guide nous expliqua ainsi les différentes phases de transformation du jus issu de la canne à sucre jusqu’à arriver en bout de chaîne dans leurs différents conditionnements.
A la fin de cette visite très intéressante chacun de nous se vit offrir un sachet de sucre roux, le petit plus SUCAF !
Si tout se passe bien, le prochain article de mon blog sera consacré au récit de l’ascension du Kilimandjaro au cours d’un trek de 6 jours accompagné de Juliette…
mardi, octobre 5 2010
Par Yanouche le mardi, octobre 5 2010, 10:31
Du côté du Haut-Ogooué, cette journée du 11 septembre 2010 ne fut pas spécialement marquée par les commémorations des attentats du 11 septembre mais par le mariage de Monsieur Charles GUIGUIMBA !
Mais qui est ce Charles Guiguimba ?
Charles Guiguimba est un prospecteur âgé de 54 ans qui partage la vie et a élevé 6 beaux enfants avec une certaine Véronique. Et c’est « seulement » après plus de vingt ans de vie commune que Charles et Véronique décidèrent de s’unir devant Dieu, mais aussi devant leurs proches et la délégation de collègues d’AREVA GABON.
Nous furent ainsi une quinzaine de collègues à quitter Franceville ce samedi 11 septembre 2010 vers 19h afin de rallier Mounana, ancienne cité minière située à environ 70 kilomètres. Notre petit groupe était fort bien apprêté, les tissus préalablement distribués par Charles ayant été utilisés pour faire confectionner chemises et robes…
La cérémonie du mariage avait déjà débuté depuis 12h mais la délégation AREVA GABON n’y était invitée qu’à compter du repas et de la distribution des cadeaux, soit à 20h d’après le programme. Nous arrivâmes presque à l’heure mais nous repliâmes rapidement vers un maquis tout proche afin de poser nos fesses et de nous hydrater. Nous y restâmes jusqu’à 22h (ce qui nous permis de nous hydrater suffisamment), jusqu’à ce qu’une certaine effervescence nous indique que les mariés n’allaient pas tarder à arriver.
Les mariés arrivèrent donc dans une voiture blanche, Charles en descendit le premier avant d’aider son épouse à en faire de même. Entourés d’hôtesses et accompagnés des chants de la chorale, ils traversèrent la cours et allèrent s’asseoir sur les canapés prévus à cet effet.
Après un court cérémonial, le maître de cérémonie annonça l’heure de la distribution des cadeaux, les « hommes de dieu » (pasteurs et fidèles membres de l’église éveillée de Charles : Parole Parlée) précédèrent la délégation AREVA GABON, puis vinrent ensuite les proches et les autres invités. Les diverses participations de l’ensemble des collègues permirent ainsi à Charles et à son épouse de recevoir un superbe et rutilant four à micro-ondes.
La distribution des cadeaux fut suivie par le repas. Une grande table avait été spécialement préparée pour les hommes de dieux, ainsi qu’une seconde pour la délégation AREVA GABON. Le reste des convives, installés sur des bancs ou des chaises en bordure de la cours n’étaient pas attablés mais avaient accès à un buffet servi par les hôtesses. Après cette longue attente c’est ainsi vers 23h30 que nous pûmes enfin nous délecter de plats locaux fort bien préparés : riz, manioc, aubergines, bananes, feuilles de manioc, poulet, poisson. Le tout était accompagné d’eau minérale et de jus de fruits (et aussi par la chorale toujours aussi enthousiaste malgré l’heure tardive), alcool proscrit !!
Un nouveau cérémonial fait de chants et de danses des hôtesses fit suite au repas et consista à apporter le gâteau ainsi que le « champagne » (l’alcool étant proscrit dans ce mariage à forte empreinte religieuse, il s’agit de jus de pomme pétillant).
Après la coupe du gâteau et sa dégustation, les mariés repartirent un court instant pour aller se changer puis revinrent, toujours entourés d’hôtesses et accompagnés des chants de la chorale. Ils lancèrent ainsi le « bal », mais point de DJ, de danse des canards ou de Patrick Sébastien, la chorale était toujours branchée sur 220 volts !! Il était alors 2h30 du matin, soit l’heure de reprendre la route de ramener la délégation AREVA GABON au bercail après une nouvelle expérience aussi originale qu’enrichissante.
mercredi, septembre 15 2010
Par Yanouche le mercredi, septembre 15 2010, 10:23
A peine de retour de congés et déjà des festivités ! Et quelles festivités : à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance du Gabon, le gouvernement a décrété des festivités de 4 jours (du dimanche 15 au mercredi 18 août) dont le point d’orgue sera le 17 août, date de la fête nationale.
Comme ce fût le cas lors de la fête du travail, un programme officiel fixant le déroulement du défilé du mardi 17 août a été fixé et largement communiqué. Pour l’occasion l’entreprise a fait acheter des tissus et confectionner des tenues pour chaque salarié. A partir de 9h nous sommes tous rassemblés à l’entrée de la place de l’indépendance, avec la tribune officielle en point de mire. Habitué à la ponctualité gabonaise je vais me poser tranquillement dans un maquis situé non loin de là avec quelques collègues. Le défilé débutera finalement vers 10h30, en commençant bien évidemment par les militaires, suivis des gendarmes, de la police, et des pompiers. Ensuite c’est à nous !!
La formalité accomplie, direction le bureau où un bon repas composé de spécialités locales nous attend. La moitié de l’après-midi sera ainsi passée à manger, boire, blaguer avec les collègues et jouer à la pétanque !
La fête battant son plein, et l’alcool coulant à flots en ville, je ne compte pas en rester là (50 ans d’indépendance ça se fête !!) et accompagne quelques collègues gabonais dans plusieurs maquis. Après cette journée harassante les forces me manqueront pour terminer la soirée en boîte de nuit. Je me couche néanmoins avec la satisfaction du devoir accompli et avec la perspective d’une bonne grasse matinée avant la reprise du boulot.
lundi, septembre 13 2010
Par Yanouche le lundi, septembre 13 2010, 11:37
Après 7 mois passés au Gabon sans interruption, il est temps de rentrer au pays se ressourcer, recharger les batteries, et prendre des nouvelles de la famille et des amis.
Mon séjour sera de courte durée (18 jours) ce qui annonce un emploi du temps chargé. Après 3 premiers jours tranquilles passés à Pau avec la famille et les amis qui me permettent de reprendre doucement mes marques, je prends la direction de Bayonne où 5 jours de fête s’annoncent. Comme le veut la tradition je suis accueilli en grandes pompes par Auré et Nav pour ce qui sera leur tournée d’adieux avant leur tour du monde dont le départ est prévu le 24 août… La plupart des potes seront présents et n’auront pas fait le voyage pour rien, Yoann nous gratifiant encore de moments inoubliables (TER-MI-NÉ). J’en profite pour remercier le voisin pour nous avoir permis bien malgré lui de nous coucher bien propres…
Tout juste le temps de rentrer de Bayonne que la 2ème partie de mes vacances commence : après les fêtes, place aux randonnées pyrénéennes. Je vais ainsi enchainer 3 randonnées en moins d’une semaine, dont une consistant au tour du Pic de Midi d’Ossau sur 2 jours. Ces randonnées seront un bon moyen de tester le matériel acquis en vue de l’ascension du Kilimandjaro prévue au cours de la 1ère quinzaine d’Octobre, mais aussi d’avoir une idée précise de ma condition physique.
Au final le temps est passé très vite et l’heure du retour sonné déjà… Toutes les bonnes choses ont une fin mais j’ai néanmoins pu profiter largement de mon séjour et m’apprête à rentrer au Gabon avec plus de joie que de regrets…
dimanche, juillet 25 2010
Par Yanouche le dimanche, juillet 25 2010, 16:47
Préalablement à la prise de cours de pilotage (cf. article précédent), je suis contraint de réalisé une visite médicale complète à l'Hôpital des Armées de Libreville, pas vraiment pratique (les consultations ne se faisant que le mercredi et le jeudi sur rdv) et plutôt couteux lorsqu'on habite Franceville, à l'autre bout du pays...
Bref on n'a jamais rien sans rien et j'ai donc pris 3 jours de congés pour rallier Libreville le mercredi 14 Juillet en compagnie de Juliette et Pauline (jeune géologue envoyée 3 mois en stage au Gabon). A la sortie de l'aéroport nous croisons par hasard Ingrid, une jeune gabonaise rencontrée quelques semaines plus tôt à Fraceville avec qui nous avions sympathisé. Cela tombe très bien et nous lui proposons de se joindre à nous en soirée afin de nous montrer les endroits "in" de la capitale. Après une après-midi consacrée à un approvisionnement en équipements et denrées impossibles à trouver à Franceville et une halte à l'hôtel réservé dans le quartier Louis (quartier festif de Libreville), nous profitons d'une marche à la nuit tombée pour effectuer un premier repérage du quartier.
La faim (et la soif) prenant rapidement le dessus, nous ne tardons pas à pas à choisir un lieu pour occuper la 1ère partie de soirée : l'Aqua-Rhum. Ce bar loundge & restaurant nous surprend d'abord par son cadre et sa décoration exceptionnelle (cf. 1ères photos de la gallerie), puis ensuite par ses délicieux cocktails et sa carte originale => Pierrades et fondues ! Ingrid nous y rejoindra plus tard et nous fera "visiter" la plupart des boîtes du quartier Louis (dans lesquelles elles semblent avoir ses habitudes) : le Butterfly, le B52, le VIP, le Wapiti... Nous terminerons la soirée au Warhol jusqu'à 3h du matin (cf. photos des 3 filles sur le dancefloor).
Le lendemain lever à 6h30 ! J'ai rendez-vous à 7h30 à l'Hôpital des Armées. Les filles elles peuvent continuer à cuver leurs cocktails de la veille avant d'aller passer la matinée à la plage... Entre 7h30 et 14h je vais être soumis à toute une batterie de tests : radio du thorax, analyses sanguines et urinaires, électrocardiogramme, examen ophtalmologique et ORL... Ce n'est qu'au bout de cette demi-journée que je me verrai délivrer un certificat médical certifié par l'ANAC (Agence Nationale de l'Aviation civile). Ainsi libéré je rejoins les filles en centre-ville et les accompagne au marché artisanal où elles feront le bonheur de nombreux marchands sénégalais !! La journée se terminera pas un dîner dans un restaurant plus typique puis Ingrid et Emilie (jeune gabonaise amie d'Ingrid) nous rejoindrons pour terminer la soirée dans un bar loundge et night-club très sympa : le Cotton Club.
Vendredi matin tout le monde sera logé à la même enseigne et nous nous levons à 8h pour quitter l'hôtel et nous rendre au port Michel Marine où une pirogue (plus exactement une frêle embarcation munie d'un moteur) viendra nous chercher à 9h00, destination finale : le campement de Nyonié "Chez béti". Après un peu plus d'1/2 h de traversée de l'estuaire, la pirogue s'engage dans les méandres des bras du Komo où nous sommes entourés par la mangrove. Une vingtaine de minutes supplémentaires seront nécessaires pour arriver au village de Matec Mavie. Là nous sommes transferés dans des 4x4 pour terminer le parcours par la piste en une quarantaine de minutes. Nous arrivons au campement vers 11h30, pile à l'heure pour l'apéro !! Le campement de nyonié est situé de l'autre côté de la pointe Denis, côté océan, dans un site naturel authentique, dépaysant et sauvage. Nous sommes logés dans de petits bungalows de 4 places, faisant face à la plage. L'apéro sera évidemment suivi d'un repas pris en collectivité dans le réfectoir extérieur.
La suite de l'apès-midi sera fait de baignades, siestes au soleil et beach-volley jusqu'à 16h où un 4x4 vient nous chercher pour un safaris d'environ 3h. Les 2 premières heures du safari permettront de contempler un paysage magnifique et varié. La dernière heure sera moins monotone puisque nous approcherons plusieurs troupeaux de buffles, 1 groupe de 4 éléphants, et 1 éléphant ésseulé. Malheureusement compte tenu de l'obscurité je n'ai pu photographier que le premier troupeau de buffles et le premier groupe d'éléphants.
Le lendemain matin, Juliette et moi nous levons à 5h00 pour partir en randonnée accompagnés d'un autre "touriste" et de notre guide, Désiré. Au cours de cette randonnée de 3h aux paysage variés nous aurons seulement l'occasion de croiser quelques singes et des colonnes de fourmis. Nous pourrons cependant observer de nombreuses traces : éléphants, buffles, panthères, antilopes. De retour au camp à 9h, nous rejoignons Pauline au petit déjeuner avant de partir à la plage où les filles se livreront à une séance photos. Nous quitterons Nyonié la journée même, juste après le déjeuner, déçus de ne pas avoir pu y passer quelques jours de plus mais tout de même heureux de ces 24h mélant nature et détente.
Notre séjour à Libreville se terminera par une nouvelle soirée accompagnés d'Ingrid et Emilie, toujours au Cotton Club. Le retour à Franceville s'effectuera dimanche en début d'après-midi, après une dernière halte en bord de mer le temps d'un petit-déjeuner et d'un dernier bain de soleil...
Mes prochains week-end s'annoncent moins exotiques mais néanmoins très dépaysants puisque je rentre en France passer une vingtaine de jours en compagnie de la famille et des amis !
jeudi, juillet 1 2010
Par Yanouche le jeudi, juillet 1 2010, 07:25
Ce week-end Guillaume (qui vient juste de rentrer de 3 semaines de vacances au France) et Juliette sont de formation secourisme, pour ma part je n’y ai pas droit, certaines personnes hiérarchiquement bien placées ayant arbitrairement jugé que mon poste de comptable ne nécessitait pas de formation spécifique pour le secourisme en milieu tropical !!
Je n’épiloguerai pas sur l’évaluation des risques inhérents à la fonction de comptable (rhumes liés à la climatisation, chute sur le carrelage, brûlures dues au café, chutes de classeurs…), de toute façon je me suis trouvé une autre activité pour mon week-end : je vais accompagner 2 collègues gabonais, Cédrique et Fermi, en forêt pour pêcher et chasser.
La fin de matinée du samedi sera consacrée aux derniers achats : hameçons, fil de pêche, lampes torches. Ensuite nous partons à Mvouna, village de la périphérie de Franceville où vit Cédrique. Chez lui nous récupérons les cannes que Cédrique a préalablement fabriqué en utilisant des branches de bambou local et y montons les lignes avec les hameçons. Cédrique récupère aussi son fusil calibre 12 et sa cartouchière et nous nous mettons enfin en route sur le coup de 14h30.
Après ½ h de marche, nous nous arrêtons sur le bord de la rivière Mvouna pour y fouiller le sol et récolter les précieux appâts, communément appelés vers de terre. Une trentaine de minutes nous seront nécessaires pour remplir convenablement nos boîtes à appâts. Nous reprenons donc la piste pour boucler les 1h30 de marche nécessaires pour rallier le « spot » de pêche. Les paysages bordant la piste sont divers : forêt dense, plaines de savane, plantations de manioc, et à plusieurs reprises nous piquons des petits sprints de 15 – 20 mètres pour « traverser » sans encombres des colonnes de fourmis.
Nous arrivons donc à notre site de bivouac aux alentours de 17h, pas vraiment le temps de souffler car il ne reste qu’1h de soleil avant la tombée de la nuit et nous devons préparer le bivouac. Cédrique et Fermi, fins machetteurs, s’activent pour libérer de l’espace en coupant lianes et branches. Fermi fabriquera ensuite un banc rudimentaire en face du foyer où Cédrique place des branches de bois mort. Et moi alors ? Ben moi je me suis dévoué pour prendre les photos…
Sur le coup de 18h le bivouac est prêt et nous nous plaçons à quelques mètres de là au bord de la rive pour débuter la cession de pêche (il s’agit toujours de la rivière Mvouna). Cette 1ère cession de pêche durera jusqu’à 23h mais aura vu Fermi capituler dès 21h (et laisser sa canne à l’abandon sur la rive avec le fil pris dans les branches immergées) et prendre le fusil pour aller chasser seul 2h durant. Il n’aura d’ailleurs pas plus de succès auprès des mammifères que des poissons et nous rejoindra au bivouac vers 23h où Cédrique et moi ferons étalage d’une dizaine de prises, des silures essentiellement (1 pour moi, le reste pour Cédrique…). Plus de la moitié des poissons seront prélevés pour constituer le bouillon servi au dîner.
La pause du dîner, partagé à la lumière des frontales, n’excéda pas 1h. Fermi, bien que repût, n’en perdit pas moins son désir d’abattre de la viande fraîche et reparti avec le fusil. Cédrique et moi repartîmes donc par défaut à la pêche, étant entendu que nous avions demandé à Fermi de revenir à 2h afin de nous permettre de partir chasser à notre tour. Notre 2ème cession de pêche ne durera qu’une heure et sera écourtée faute de poisson. Cédrique et moi nous posâmes à 1h du mat au bivouac en attendant l’ami Fermi. Las d’attendre et fatigués par la marche puis les longues heures de pêche, nous nous assoupîmes près du feu adossés à un tronc d’arbre.
Fermi rappliqua vers 5h, bredouille bien entendu ! Aucune des suppositions faîtes sur son cas n’était arrivée (perdu en brousse pour Cédrique, lampe torche épuisée pour moi), Fermi avait juste marché pendant près de 5h sans apercevoir le moindre gibier. Cédrique, bien qu’énervé, garda ses pensées pour lui et se contenta de récupérer le fusil avant de partir à son tour à la chasse. En effet le temps pressait car le soleil ne tarderait pas à se lever et tout espoir de viande fraîche serait alors anéantit.
Cédrique revînt vers 7h30, tout aussi bredouille que Fermi malheureusement, mais non sans avoir tiré à 2 reprises sur des … singes. D’après son récit il arriva à toucher les deux fois mais les animaux, robustes et coriaces, n’avaient pas été mortellement blessés et avaient réussi à s’enfuir.
Nous reprîmes la marche du retour après avoir récupérer nos affaires au bivouac et arrivâmes à Mvouna vers 10h sans autres prises que quelques silures. Malgré le manque de chance (ou de talent) à la pêche mais surtout à la chasse, cette expérience fut extrêmement enrichissante et c’est un sentiment de satisfaction et de bonheur qui prédomine malgré une légère déception et beaucoup de fatigue. Il est prévu que j’accompagne à nouveau Cédrique au cours d’une autre partie de chasse et de pêche en forêt, mais la prochaine fois Guillaume et Juliette devraient se joindre à nous.
Par Yanouche le jeudi, juillet 1 2010, 07:22
La 1ère fois que j’avais entendu parler de « chikungunya » était lors de l’épidémie qui avait touché l’île de la Réunion en 2006. J’vous raconte ça parce que depuis la fin du mois d’avril, les rumeurs d’une épidémie de chikungunya et de dengue dans le sud-est du Gabon se font de plus en plus fortes. Et la rumeur devînt pour moi une réalité… douloureuse !
Tout commença le samedi 05 Juin 2010, journée pendant laquelle je fus progressivement pris de fatigue générale et sujet à des douleurs articulaires assez fortes (chevilles, genoux, et poignets), une sorte d’état grippale en somme… Sauf qu’ici la grippe n’est pas une maladie à la mode !
Une forte fièvre me prît pendant la nuit de samedi à dimanche. Je ne dormis que quelques heures et la journée du dimanche fût pour le moins laborieuse. A l’instar des fortes douleurs articulaires et de l’état de fatigue, la fièvre ne me quitta pas de la journée, sans oublier le bonus du week-end : l’absence d’appétit.
La nuit du dimanche au lundi ne fut pas plus reposante que la précédente du fait de la fièvre. Le matin je me levai tout de même pour aller bosser. A peine arrivé je fus invité par mon directeur général à partir sans délais aux urgences de l’hôpital Amissa Bongo afin de connaître le diagnostic. Ce fût compliqué mais au bout de près de 2h d’attente, je pus enfin subir un prélèvement sanguin… derrière le comptoir d’accueil des urgences. Un des trois prélèvements fût déposé au laboratoire de l’hôpital, il devait servir au test dit de la « goutte épaisse », servant à diagnostiquer le palud. Le résultat me fût communiqué dans l’après-midi : ce n’était pas le palud ! Les deux autres prélèvements furent déposés au CIRMF (Centre International de Recherches Médicales de Franceville), et le 30 juin j’attends toujours les résultats !! La rumeur (tiens tiens) fait état d’une rupture de réactifs au test du chikungunya (sous l’effet de l’épidémie, si Bachelot était ministre de la santé au Gabon elle en aurait acheté quelques millions, Roselyne au Gabon !!). Comment pouvoir alors affirmer que j’ai bien eu le chikungunya ?! Ben sauf maladie très proche et aux symptômes identiques, le médecin qui m’a reçu à l’hôpital ne semblait guère avoir de doutes…
Après ces 3 premiers jours de maladie et devant l’atténuation de la fièvre et des douleurs articulaires, je pensais que le plus dure était passé… Petite précision : il n’existe p... Erreur ! Le pire restait à venir.
En effet à partir de ce lundi 07 Juin, je commençai à être pris de démangeaisons cutanées sur l’ensemble du corps. Les démangeaisons atteignirent un pic au cours des journées (et nuits) du mardi et mercredi. Cela est assez difficile à décrire (et pour vous à vous imaginer) mais je vous prie de croire qu’il est extrêmement désagréable de ressentir des démangeaisons constamment sur l’ensemble de son corps !!
Loin d’en voir terminé avec moi, le « chik » m’offrit d’élégantes éruptions cutanées à partir du mercredi, sous la forme de petits points rouges sur la peau. Fort heureusement mon bronzage naturel et ma pilosité développée me permirent de ne pas trop attirer l’attention pendant ces quelques jours de pigmentation originale.
Les démangeaisons et les éruptions cutanées disparurent environ 10 jours après leur apparition, soit un point finale à cette drôle de maladie aux alentours du 15 Juin !
Me voilà donc bien vivant et à nouveau en pleine possession de mes moyens !!
Précisions : La transmission directe du virus d’homme à homme n’existe. La transmission est indirecte, elle nécessite la présence d’un moustique vecteur. Le virus n’avait pas la réputation d’être mortel mais des cas d’encéphalites et de défaillances d’organes ont été décrits lors de l’épidémie de la Réunion. A ce titre le chikungunya ne peut plus être considéré comme une maladie bénigne, même si les cas de complications demeurent extrêmement rares.
mardi, juin 22 2010
Par Yanouche le mardi, juin 22 2010, 17:22
Depuis mon arrivée au Gabon j’ai dû radicalement revoir les façons d’occuper mon temps libre et de me divertir. Ici, impossible d’aller au théâtre ou au cinéma, de visiter des musées ou des expositions, d’aller au stade de France assister à des matchs de rugby ou encore au Palais des Sports de Pau pour suivre l’Elan Béarnais, de participer aux fêtes estivales du Sud-Ouest, …
Bref il m’a fallu trouver de nouvelles activités radicalement différentes ! La dernière en date ? Suivre une formation d’élève pilote privé et passer mon brevet de pilote privé !
Dans le cadre de la reprise des activités de l’aéroclub de Moanda (ville voisine distante d’une cinquantaine de km), le bouche-à-oreille a bien fonctionné et une partie des expatriés du CIRMF et d’AREVA ont ainsi été informés de la tenue d’une réunion de présentation des activités de l’aéroclub.
Cette réunion eu lieu le mercredi 26 Mai, dans les locaux de la COMILOG, société minière spécialisée dans l’exploitation du minerai de manganèse et localisée à Moanda (Cf. Article « Bakumba – Parc de la Lékédi – 08-05-2010 »).
Cette localisation se justifie par le fait que la majorité des fonds alloués pour le fonctionnement de l’aéroclub (entretien de l’avion, fourniture du hangar et de la piste) sont financés par la COMILOG elle-même. Au cours de cette réunion le Président de l’aéroclub et son bureau ont présenté l’histoire, l’actualité, le matériel, le déroulement de la formation et les tarifs, devant une assistance d’une dizaine de personne.
En l’absence de Guillaume (en vacances en France), Juliette et moi ressortons de cette réunion emballés par l’opportunité. Au niveau des points positifs : l’opportunité offerte de réaliser une formation parfois perçue comme inaccessible en France, un prix nettement inférieur à ce qui se pratique en France (l’heure de vol coûte 36.000 Francs CFA, soit 55 € contre 90 à 120 € en France), un pilote instructeur expérimenté (20 ans d’armée française en tant que pilote de Jaguar et Alpha Jet) et super sympa. Au niveau des points négatifs : la courte durée de mon séjour au Gabon pouvant l’empêcher de mener la formation jusqu’à son terme, l’absence de reconnaissance du brevet de pilote passé au Gabon (et plus généralement en Afrique) par les autorités françaises.
Nous prenons rendez-vous le lendemain avec Stéphane, pilote d’une quarantaine d’année retraité de l’armée de l’air et travaillant à présent à SUCAF (société exploitant la canne à sucre pour fabriquer du sucre) et pilotant avions et ULM pour réaliser l’épandage des champs de canne à sucre, pour un vol d’essai. C’est suite à ce vol et aux sensations éprouvées que nous prendrons la décision de suivre ou non la formation.
Juliette et moi sommes donc au rendez-vous fixé le Jeudi 27 Mai et nous arrivons sur le terrain d’avion peu avant 17h. L’avion est un CESSNA 172, un seul moteur et une seule hélice fixe pour 4 places assises. Son état général est excellent et le mécanicien en profite pour nous montrer les vérifications de base auxquelles le pilote doit se soumettre avant le décollage (contrôle du niveau d’essence, purge des réservoirs).
Honneur aux dames, et c’est donc Juliette qui prendre place aux côtés du pilote alors que je m’assois à l’arrière. Stéphane fait un rapide briefing sur les commandes et les principaux instruments de bord ; il rappelle toutefois que l’essentiel du pilotage s’effectue à vue et que les instruments doivent servir de complément mais en aucun cas de base au pilotage. Le décollage effectué, Stéphane laisse les commandes à Juliette en lui fixant le cap à suivre. Après une quinzaine de minutes (et une vingtaine de km parcourus) nous survolons les champs de canne à sucre, amorçons le virage et nous positionnons dans l’axe de la piste de SUCAF pour l’atterrissage. Juliette conservera les commandes jusqu’à quelques mètres du sol. Une fois posés, je prends place aux commandes et après un rapide briefing des commandes, nous repartons en direction de Moanda. Stéphane me laissera aussi les commandes du décollage à l’atterrissage. Sensations garanties !
Les conditions météos sont bonnes, pas ou peu de vent, une bonne visibilité ; l’avion est donc stable et notre baptême se déroule de façon très détendue. Juliette et moi reposons le pied sur terre encore plus emballés par l’opportunité de suivre la formation. Nous attendons à présent le retour de Guillaume pour l’inclure dans cette expérience et débuter les démarches d’inscription ensembles.
A suivre donc…
Par Yanouche le mardi, juin 22 2010, 08:29
Comme vous l’avez vu précédemment avec les visites du parc de la Lékédi et du parc de Léconi lors du week-end des 8 et 9 Mai, la venue de Benoît (petit frère de mon coloc Guillaume) a apporté une nouvelle dynamique dans mes excursions touristiques au Gabon.
Cette fois-ci Guillaume et moi profitons du Jeudi de l’Ascension, férié, pour prendre notre vendredi et ainsi bénéficier d’un week-end prolongé de 4 jours. Accompagnés de Benoît et Serge (collègue géologue gabonais, 1,90 m pour 130 kg, un beau bébé !!), nous organisons ainsi un séjour dans le parc national de la Lopé.
Le parc de la Lopé, d’une superficie de 497.000 ha (plutôt vaste), est situé au nord du massif Du Chaillu, en plein cœur du Gabon. Le parc est composé d’anciennes savanes ainsi que de grandes forêts primaires et secondaires. Outre cette diversité floristique, la Lopé est aussi reconnu pour la richesse de sa faune avec notamment de nombreux troupeaux de mandrills, buffles des forêts, éléphants, mais aussi ses différentes espèces de primates, parmi lesquels gorilles et chimpanzés. Le parc abrite par ailleurs une station du Centre Internationale de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF) dont les scientifiques réalisent des études sur les chimpanzés (évoluant dans leur milieu naturel) dans le cadre d’études menées sur le VIS (forme du virus du sida développée par les singes).
Le départ de Franceville s’effectuera Jeudi matin sur le coup 8h00. Direction Moanda, Mounana (où la route bitumée s’arrête pour laisser place à la piste), puis Lastourville où nous arriverons vers 11h avec, pour ma part, la ferme intention de trouver des pâtisserie pour compléter un petit-déjeuner trop matinal… Malgré une bonne demi-douzaine de prises d’informations auprès des autochtones et après une demi-heure de balayage de la ville, nous nous rendons à l’évidence, la seule pâtisserie potentielle n’en est certainement plus une depuis quelque temps déjà (conclusion non hâtive prise collectivement à la vue d’un bâtiment aussi clos que délabré…).
La route se poursuivra donc sans croissant ni pain aux raisins … Après plus de 4h supplémentaires de piste, 1 pique-nique (au bord de cette même piste) et une bonne dizaine de semi-remorques croisés (sensations garanties, prière de ne pas mouiller son pantalon) nous arrivons enfin en vue du village de la Lopé !! Une rapide pause à l’hôtel pour se dégourdir les jambes et déposer nos affaires puis nous reprenons le véhicule pour traverser le village et arriver au point de rendez-vous des guides du parc. Nous sommes pile dans les temps pour participer à l’excursion de l’après-midi qui consiste en un tour de 3h de 4x4 au sein du par cet à la rencontre potentielle de troupeau de buffles et d’éléphants, IM.PEC.CABLE !!
La promenade ne tiendra toutefois pas toute ses promesses puisque après un beau troupeau de buffles surpris à un point d’eau au bout de 10 min, nous ne croiserons aucun autre animal au cours des 2h30 suivantes (si ce n’est des oiseaux et des criquets), et notamment aucun éléphant… Le repas et la fin de soirée se passeront tranquillement à l’hôtel avec un traditionnel « Poulet – Riz » et en compagnie de Matthieu, professeur en géologie à l’USTM (université de Franceville), et d’un de ses amis Aimé (substitut du procureur de Franceville). Eux aussi sont là pour les 4 jours et suite à cette première soirée passée avec eux il ne fait aucun doute qu’on va bien se marrer au cours des prochains jours !!
Le lendemain matin, vendredi, le réveil se fait encore tôt, nous ne sommes pas là pour enfiler des perles !! Un petit déjeuner rapidement englouti (« aimablement » apporté par la serveuse que j’ai été contraint d’aller réveiller moi-même…) et le 4x4 passe nous récupérer à l’entrée de l’hôtel pour nous emmener dans la forêt. Le programme de la matinée consiste à une marche en forêt d’environ 3h pour tenter d’aller à la rencontre de groupes de gorille. La ballade est fort sympathique, les traces d’animaux sont nombreuses sur le sol (éléphants et antilopes), nous apercevons furtivement plusieurs antilopes (agiles et très rapides) ainsi de nombreux singes haut perchés dans les arbres, au contraire des chimpanzés dont nous aurons seulement le loisir de discerner les cris distinctifs à certains moments. Nous n’aurons hélas pas l’opportunité d’approcher un groupe de gorille ni de croiser d’éléphants (il valait peut être mieux d’ailleurs).
Nous retournons donc à demi bredouilles à l’hôtel sur le coup de 14h où nous nous restaurons en compagnie de Serge (resté à l’hôtel, son métier consistant à aller prospecter en forêt…). Après ce déjeuner agrémenté de discussion cocasses et animées avec le gérant de l’hôtel, Matthieu, Aimé, et Alex (chef de gare de la Lopé) ; Guillaume, Benoît et moi prenons la voiture pour pousser jusqu’au Lopé Hôtel (hôtel de standing destiné aux touristes aisés) afin de profiter du point de vue exceptionnel sur l’Ogooué et le mont Brazza. La journée se clôturera par un succulent bouillon de poisson frais (capitaine d’eau douce et yara) accompagné de manioc et de bananes à l’eau, préparé par une villageoise mandaté par Aimé, et dégusté en compagnie d’Aimé, Matthieu, Alex, et nous 4, attablés dans un maquis proche de la gare.
Au retour de cet excellent repas aux alentours de 23h, malgré la fatigue, Guillaume, Benoît et moi, décidons de sillonner la piste en 4x4 pour tenter d’apercevoir les groupes d’éléphants qu’on nous promet depuis maintenant 2 jours… Au bout de 45 min en plein phare et à faible allure, fatigués et déçus de n’avoir rien aperçu nous faisons demi-tour pour rentrer. Et c’est là sur le chemin du retour que va m’être donnée la chance de côtoyer à quelques mètres des éléphants dans leur milieu naturel (en faisant abstraction du fait que le 4x4 Mitsubishi n’est pas vraiment un élément naturel…).
Après un 1er spécimen esseulé, c’est un groupe d’environ 6 individus dont 1 petit face aucun nous nous arrêterons. Visiblement coincés par l’épaisseur de la végétation, les adultes faisaient face au véhicule pendant que le petit était parti se cacher derrière. L’attitude des adultes, avançant tour à tour de quelques mètres en direction de notre véhicule en agitant énergiquement leurs oreilles, nous contraignit à ne pas faire de vieux os et à laisser le petit groupe tranquille. Le moment fut court mais vraiment intense, un mélange de curiosité, de stress et de joie.
Le samedi matin sera consacré à l’ascension du mont Brazza et à une randonnée sur les crêtes voisines. Le mont Brazza (nom donné en référence à Savorgnan de Brazza, premier occidental à avoir remonté le fleuve Ogooué, en pirogue, en 1874) « culmine » à une altitude d’environ 600 m. Son ascension, très raide et glissante (d’abondantes herbes recouvrant une terre dure et glissante), est l’affaire d’une vingtaine de minutes.
Le point de vue au sommet du mont Brazza est remarquable. L’Ogooué le borde au nord, les plaines de savanes s’étendent à perte de vue du sud à l’est, et une succession de monts partiellement couverts de forêts galeries se dresse à l’ouest. La randonnée se poursuivra le long des crêtes où nous apercevrons un groupe de singes perchés dans les arbres d’une forêt galerie voisine.
La matinée se terminera par un déjeuner en compagnie de la clique habituelle : Aimé et Matthieu, Alex, Guillaume, Benoît, Serge et moi. Au menu du poisson fraîchement pêché, de la banane fraîchement cuite, et de nouvelles anecdotes à en tomber de sa chaise !!
Notre dernier après-midi sera placé sous le signe de la détente avec un plongeon dans la piscine du Lopé Hôtel et une bière bien fraîche prise les pieds dans l’eau…
Le retour au bercail s’effectuera donc dimanche. Il sera ponctué par un bel orage rendant la piste extrêmement glissante et par un arrêt à Lastourville, non pas pour trouver une pâtisserie, mais pour se dégourdir les jambes en contemplant la mission catholique Saint-Pierre Claver, avec son église et ses maisons coloniales en briques.
Au final nous avons passé 4 jours très sympas, alternant les activités touristiques avec des moments très conviviaux passés en compagnie de personnalités aussi attachantes que sympathiques.
samedi, mai 29 2010
Par Yanouche le samedi, mai 29 2010, 17:34
Cap à l’est !
Départ le dimanche matin à 7h30 pour parcourir la centaine de kilomètres séparant Franceville de Léconi. Au cours d’une présente virée à Léconi nous avions eu l’occasion de découvrir le magnifique canyon rose, cette fois le but principal de notre « visite » est le parc animalier.
Pour une fois tout se déroule sans accrocs, à peine arrivé dans la ville, le guide nous rejoint déjà et nous partons dans la foulée dans le parc. Là nous prenons place dans la benne du pick-up, le « safari » peut commencer. Le parc de Léconi semble plus vaste que celui de la Lékédi et nous donne une impression plus « naturelle », certainement du fait de ses grandes plaines de savane (typiques du paysage des plateaux Batéké) qui s’étalent à perte de vue. Il a cependant été conçu à la même époque que le parc de la Lékédi, et dans le même esprit.
Au cours des 3 h passées dans le parc nous pourrons voir de plus ou moins près les espèces suivantes : impalas, springboks, oryx, bubales, élans du cap, zèbres, céphalophes de Grimm et chacals. Parmi ces espèces, seules les 2 dernières sont endémiques au Gabon, toutes les autres ont été importées d’Afrique Australe.
A plusieurs reprises notre guide engagera de véritables courses poursuite avec des troupeaux d’oryx, de bubales, ou de zèbres (il court très vite le zèbre, et te voit arriver de loin…). Débout à l’arrière d’un pick-up lancé à 80 km/h en pleine savane (parsemée de termitières champignons) à la poursuite d’un troupeau, ça torche !!!
Après cette matinée riche en rencontres et en « rebondissements », nous irons de nouveau faire un petit tour au canyon rose après nous être désaltéré d’une bonne Régab.
La journée se terminera avec une halte sur la route du retour par une baignade improvisée dans la rivière Léconi sur le site appelé « les Eaux claires ». Eau fraîche et claire (publicité non mensongère !!) et un moment très apprécié après une journée passée en plein soleil sous une température de 30°C.
Comme d’hab, passez faire un tour à la galerie photos…
mercredi, mai 26 2010
Par Yanouche le mercredi, mai 26 2010, 15:22
Après plusieurs semaines d’oisiveté passées à Franceville, et sous l’impulsion de l’arrivée du frère de Guillaume, Benoît, venu en vacances pour 3 semaines, nous avions planifié un petit programme de découverte de la région pour les 2 week-ends suivants le 1er Mai.
1ère étape de notre programme, le village de Bakoumba et le parc de la Lékédi.
Le départ se fera samedi matin 08 Mai à 6h30, ultra violent comme reprise !! Notre point de chute, est une petite ville sur le déclin située à environ 120 km au Sud-Ouest de Franceville. Après les 60 premiers kilomètres et la traversée de la ville de Moanda, la soixantaine de kilomètres restants se fait péniblement et à faible allure sur une piste très détériorée (malgré de perpétuels projets de réfection…).
Avant d’aller plus loin dans mon propos, je me permets une petite description historique du lieu. Situé à 800 m d’altitude, la petite ville de Bakoumba s’est formé avec l’arrivée de la COMILOG (Compagnie Minière de l’Ogooué) en 1953 et s’est ainsi développé grâce à l’activité économique de l’exploitation du manganèse.
Depuis les années 60, la COMILOG exploite la mine de manganèse de Moanda. Avant la construction de la ligne de chemin de fer du Transgabonais en 1986, les millions de tonnes de minerai extraits chaque année étaient acheminées jusqu’au Congo via un téléphérique monocâble. Ce téléphérique était le plus long du monde (76 km) et traversait une forêt épaisse pour parvenir à M’binda, point d’arrivée congolais. Le minerai était alors acheminé par voie ferroviaire jusqu’au port de Pointe-Noire et transféré dans les minéraliers. Bakoumba est située à mi-chemin entre Moanda et M’Binda, et constituait ainsi un point stratégique pour les équipes d’entretien de la COMILOG.
En 1986 l’achèvement du Transgabonais offrit à la COMILOG un accès direct à la mer par Libreville, rendant ainsi inutile l’acheminement du minerai jusqu’à Pointe-Noire. Le téléphérique n’ayant plus lieu d’être, l’activité économique et sociale assuré par la présence de la COMILOG était condamnée à disparaître. Consciente des enjeux économiques et sociaux d’une cessation totale et subite de l’activité à Bakoumba, la société entreprit une reconversion d’une partie de son personnel et de ses installations en créant un parc animalier à vocation d’élevage. Les travaux, débutés en 1990, se finirent en 1994. Au final, le parc de la Lékédi, vaste de 14.000 ha, est divisé en 3 modules et possède 87 km de grillage, 265 km de pistes et 450 ha de lacs et de rivières (aussi utilisé pour une activité de pisciculture => élevage commercial de tilapias).
Voilà pour le côté historique ! Celles et ceux qui n’ont pas encore fermé la page avant la fin de la lecture du paragraphe précédent vont donc pouvoir savoir comment s’est passée la journée.
Après une arrivée vers 9h00, un premier guide nous présente rapidement l’histoire du par cet sa configuration. A sa création donc, de nombreuses espèces animales non endémiques au Gabon (gnous, autruches, impalas, crocodiles) ont été introduites en provenance de Namibie aux côtés d’espèces locales (buffles des forêts, chimpanzés, gorilles, guibs, potamochères et mandrills). Malheureusement, à l’exception des impalas, aucun spécimen des espèces non endémiques n’a survécu => Le site de Bakoumba est situé à 800 m d’altitude et les températures y sont plus fraîches que dans leur milieu d’origine.
Notre excursion débutera vers 10h00 et se fera à bord d’un 4x4 en compagnie d’un guide. Nous sillonnerons ainsi les pistes du parc et pourrons croiser les espèce suivantes : Impalas, potamochères (enfermés dans un enclos, pas trop difficile à débusquer donc…), buffles de forêts, chimpanzés, et guibs. Curiosité du lieu : le plus grand pont suspendu du Gabon, long de 365 m, fabriqué à la base des câbles du téléphérique, et surplombant la forêt où vivent une partie des chimpanzés.
Assez de blabla, je vous invite illico dans la galerie photos !
mardi, mai 4 2010
Par Yanouche le mardi, mai 4 2010, 12:50
Ici au Gabon, le 1er Mai n’est pas seulement un jour férié (et quand ça tombe un samedi comme cette année c’est ballot), c’est surtout la fête du travail et des travailleurs. Sans qu’il ne soit question de syndicats, un défilé officiel est ainsi organisé dans les principales villes du pays. Toutes les entreprises locales sont donc invitées à habiller et à mobiliser leurs employés pour prendre part au défilé, Place de l’Indépendance, devant le gouverneur de la Province et un parterre d’officiels et de chefs d’entreprises installés en tribune.
L’horaire de convocation officiel est fixé à 9h00 samedi matin par les autorités, le programme prévoyant un délai de mise en place et de décoration des médaillés du travail préalablement au début du défilé fixé à 10h00. Voilà pour ce qui est de la théorie… En pratique ça donne quoi ?
Ça donne une arrivée effective de l’ensemble des employées AREVA GABON vers 9h15 (représentant un contingent de 25 personnes), un petit tour du côté de la tribune officielle pour constater qu’elle est vide et que les préparatifs viennent de commencer tranquillement… Pas abattu pour autant malgré une chaleur qui commence à s’installer, je retrouve quelques collègues locaux tranquillement installés à la table d’un maquis voisin. Le défilé débutera effectivement à 11h30 et consistera à une marche en cortège d’environ 300 mètres, avec sourires et saluts à l’attention de la tribune officielle.
La formalité accomplie, nous retournons aux véhicules et prenons la direction du bureau où un repas concocté par une cuisinière locale nous a été préparé. Au menu : Tchep (poissons en sauce et légumes), poulet, riz parfumé et riz blanc, manioc, bananes aloko, couscous viande…
Ce repas fût l’occasion de partager un moment de convivialité et de détente avec l’ensemble de mes collègues, sur fond de sonorités et de mets locaux.
Une excellente journée donc qui se poursuivra en fin d’après-midi par un passage dans un maquis du centre-ville, puis pour les plus robustes, par une virée en boîte de nuit.
mardi, avril 27 2010
Par Yanouche le mardi, avril 27 2010, 08:57
3ème week-end consécutif passé à Mvouna, village où vit Privas… Mais cette fois on ne vient pas pour bosser !!
La clique habituelle (Juliette, Guillaume et moi-même) est cette fois-ci accompagnée de Vanessa (jeune géologue fraîchement débarquée et en mission chez nous pour 3 mois) et de Fermi (collègue gabonais habitant près de chez nous).
Nous sommes attendus au village, en compagnie de Carl et Roxanne, à 14h pétantes. Tenant à respecter les règles de la ponctualité gabonaise nous arrivons donc sur le coup de 15h. Le programme est le suivant : les femmes vont se joindre à la femme de Privas et d’autres femmes de la famille pour préparer le repas. Pendant ce temps, les hommes, harassés que nous sommes par la dure semaine de travail tout juste écoulée, allons nous poser tranquillement sous la pergola érigée à quelques pas de là afin de discuter de sujets profonds tout en sirotant du toutou…
Nous profitant aussi de cette visite pour aller constater l’état d’avancement de la maison de Privas, une semaine après y avoir pataugé dans la terre battue. Nous continuons notre visite par une petite collecte de toutou sur les palmiers puis terminons notre tour du proprio par une petite ballade jusqu’à un étang où les habitants du village ont l’habitude de se laver (et où accessoirement l’oncle de Privas a abattu un python la semaine passée…).
En parlant de Python, pendant ce temps les femmes s’en donnent à cœur joie pour préparer le repas qui sera servi à la quinzaine de personnes présentes : riz, bananes plantains cuites à l’eau, bouillon de poisson, viande de porc en sauce, et… python à l’odika !!
Le repas sera prêt et servi sur le coup de 18h, dans la maison de la tante de Privas, un orage persistant nous ayant préalablement délogé de la pergola… Quel régal !! Tout le monde est unanime et les mets sont engloutis en moins d’une heure. 1ère expérience du python pour moi, tout simplement délicieux ! Le python, tel que cuisiné ce jour là, est une viande extrêmement tendre et au goût très fin. Malheureusement ce met fait depuis peu l’objet d’une interdiction dans les restaurants au Gabon et je ne sais pas quand j’aurai de nouveau l’occasion d’en manger…
Au final nous avons de nouveau passé un excellent après-midi « au village », partageant tout une demi-journée de détente et de convivialité avec Privas, sa famille et amis, et certains collègues gabonais.
mercredi, avril 7 2010
Par Yanouche le mercredi, avril 7 2010, 10:52
Une semaine est passée depuis notre dernière visite chez Privas à l’occasion de laquelle nous pûmes goûter le fameux « toutou » gabonais. Notre nouvelle visite prévue chez Privas ce samedi nous permettra de nous immerger à nouveau dans la vie gabonaise.
En effet cela fait des mois que Privas construit sa propre maison, et samedi passé nous avions pu constater que les travaux étaient bien avancés et que la prochaine étape consisterait à remplir l’ensemble des cloisons de terre battue. Cette étape primordiale, car déterminant l’étanchéité de la maison ainsi que sa fraîcheur, doit être réalisée sur une seule et même journée : Privas a donc besoin de jambes et de bras vaillants !!
Juliette, Guillaume et moi arrivons sur le chantier sur le coup de 9h, et après une petite rasade de toutou (mieux que le café !!), nous nous mettons à pied d’œuvre sur le chantier où une quinzaine de personnes (habitants du village) s’affèrent déjà. Un trou imposant a préalablement été creusé devant la maison afin d’en extraire les grandes quantités de terre nécessaires.
La terre est transportée par brouette au pied des murs extérieurs mais aussi à l’intérieur des 4 pièces de la maison. Déchargée à même le sol, la terre est ensuite copieusement mouillée à l’aide de sceaux d’eau et c’est à ce moment que des groupes de 3 à 5 personnes piétinent énergiquement le tas de boue afin de le rendre le plus homogène possible. Dès lors que le mélange paraît suffisamment malléable et collant à la fois, ce sont les mains qui prennent la relève des pieds. Chacun récupère ainsi un tas de « terre battue » entre ses mimines (avis aux blondes, ça n’a rien n’à voir avec Roland Garros…) et en enduit le mur de façon à remplir les cloisons.
Les « équipes » travaillant simultanément de parts et d’autres des cloisons, les travaux ont parfois dégénéré en bataille de boue, beaucoup plus sympa que de se battre avec du ciment ou du crépis !!!
Cette matinée fut pour moi l’occasion de partager un moment fort de convivialité avec une trentaine de personnes (vieillards, trentenaires, adolescents, femmes, enfants) en dépassant la « barrière » de la couleur de peau, le tout agrémenté de quelques godets de vin de palme !!
Malheureusement mes colocs et moi dûmes abandonner le chantier prématurément sur les coups de 13h30 car ayant une grosse soirée organisée le soir même à la maison à préparer. Les bras et les jambes ne manquants pas, le chantier de « terre battue » fut boucler sur le coup de 15h et Privas rémunéra l’ensemble des ouvriers d’un jour avec son fameux toutou.
De retour à la maison et après une bonne douche et un peu de repos, la coloc s’afféra à préparer la soirée où une quarantaine de personnes avaient été conviées (l’ensemble des employés d’AREVA GABON ainsi que des expatriés français et d’autres connaissances). Au menu : brochette de porc et de bœuf ainsi que des côtes de porc (pour un total de 14 Kg de viande), du taboulé, des roulés cumin/cheddar, des guiches lorraines, cake au jambon et cake épinards/saumon, des bananes aloco (bananes plantains frites), du manioc, du riz, des pommes de terres vapeurs … et 25 litres de punch !
Pour le reste, nul besoin de commenter les photos…
mercredi, mars 31 2010
Par Yanouche le mercredi, mars 31 2010, 14:34
Après près de 3 mois d’entraînements de football intensifs à raison de 2 par semaine, l’équipe AREVA GABON semblait prête à en découdre avec son homologue représentant la compagnie minière Sud-Africaine BHP Biliton. D’autant plus que cette dernière n’était pas parvenue à glaner le moindre succès depuis le début de la « saison ». L’optimisme général régnant au sein de notre équipe quelques heures avant d’aborder le match était à peine remis en question par le fait que ce match constituait notre 1ère rencontre alors qu’en face ils jouaient (et perdaient) tous les week-ends ou presque…
Afin de peaufiner la cohésion et l’esprit d’équipe jusqu’au bout, nous avions invité une grande partie de nos collègues et coéquipiers à déjeuner une bonne plâtrée de pâtes au beurre.
Le début du match étant prévu à 16h, nous nous retrouvons au stade sur le coup de 15h15, afin de pouvoir, pensions-nous, commencer notre échauffement doucement sous un soleil de plomb… Seul petit bémol, le terrain est déjà occupé par 2 équipes dans le cadre d’une rencontre de 2ème division !!
Devant l’impossibilité de virer les 2 équipes déjà en place, et l’inefficacité des mots doux adressés au responsable des réservations (qui sur ce coup a été burnesque), nous nous rabattons sur un terrain moins bien entretenu mais libre compte tenu des vacances scolaires (donc pas de matchs des équipes de jeunes).
Après un bref échauffement, le match pourra finalement débuter peu avant 17h… Après une 1ère mi-temps plutôt équilibrée qui se clôt sur le score de 1 – 0 pour nos adversaires, la 2ème mi-temps est plus laborieuse et l’équipe d’AREVA GABON s’incline finalement lourdement sur le score de 5 buts à 0… Une grande fatigue morale, accentuée par les chambrages de nos adversaires fêtant là leur 1ère victoire, s’ajoutera donc à la fatigue physique !
Mais l’heure n’est pas à l’abattement (d’autant plus que quelques heures plus tard l’OM remportera haut la main la Coupe de la Ligue face à des girondins dépassés ), et afin de rebondir nous nous mettons en route pour aller chez Privas. Privas est un collègue gabonais de 26 ans (ainsi que coéquipier au foot) qui habite dans un village en bordure de Franceville. Il a la chance de vivre sur un terrain orné de plusieurs palmiers de bonne taille. Un palmier ? Une chance ? Eh ben oui, parce qu’ici les palmiers on ne s’en sert pas pour faire de belles cartes postales, mais pour faire du toutou, traduction gabonaise du vin de palme !
Depuis une soirée fort sympathique dans un maquis typique pour fêter la paie du mois au début du mois de février 2010, Privas a saisi le potentiel festif des 3 colocs ; et c’est ainsi qu’il nous a invité à venir goûter son vin de palme lorsque le moment sera venu.
Et le moment est venu ! Privas ayant préalablement « couché » 3 de ses palmier et pratiqué les incisions nécessaires pour en récolter le précieux nectar au cours des semaines précédentes, notre petite soirée est ainsi planifiée depuis plusieurs semaines.
Nous sommes accueillis chaleureusement dans la nuit (le soleil se couche vers 18h30 et une partie du village n’a temporairement plus de courant), et avant de passer aux choses sérieuses Privas prend soin de nous faire « visiter » les 3 palmiers en nous montrant comment il s’y prend pour récolter le vin de palme.
Comme vous le constaterez sur les photos, la méthode employée ici pour récolter le vin de palme est celle de l’abattage (il en existe 2 autres).
Le palmier est ainsi déraciné et couché à l’horizontal à même le sol. Une large incision est pratiquée dans le tronc afin de le creuser sur la quasi-totalité de son diamètre et de sa largeur. Enfin un trou est fait afin que la sève puisse s’écouler jusque dans la dame-jeanne de 10 L dans laquelle des morceaux de bois amer ont été introduit au préalable.
Le bois amer est une essence rare qui permet la fermentation du vin de palme. Par sa vitesse de fermentation, le vin de palme est facile et peu couteux à produire : presque dès la sortie de l'arbre, il titre déjà 1 à 2 ° d'alcool. En 2 heures, la sève peut faire 4 ° et 72 heure après jusqu'à 12 °. Après quatre jours, la fermentation acétique prend le dessus et il est alors trop acide pour être bu (à vérifier tout de même, faudrait pas gâcher !)
Un « bon » palmier donnera environ 5L de sève par jour et il est nécessaire de pratiquer 2 nouvelles incisions par jour (1 le matin et 1 le soir) pour que la sève continue de couler.
Lors de cette soirée, chaque personne aura l’occasion de consommer au mois ½ L de toutou, boisson légèrement pétillante au goût à la fois amer et sucré, et à la couleur blanche et laiteuse. Selon les gabonais, le toutou possède des vertus particulières permettant aux hommes d’augmenter leurs performances sexuelles (à vérifier aussi…).
Cette petite soirée s’achèvera vers minuit consécutivement à la pénurie de toutou et de bières… Très heureux de l’expérience, c’est avec joie que nous acceptons une nouvelle invitation de Privas pour le samedi suivant (3 avril), mais cette fois le RDV est fixé à 10h du matin… En effet, il paraît que consommé le matin, le toutou possède des vertus vivifiantes pour le reste de la journée… Bon là s’en est trop, cette fois je vais le vérifier illico !!
mardi, mars 23 2010
Par Yanouche le mardi, mars 23 2010, 08:39
Après 2 mois ½ passés au Gabon, une évidence s’impose à moi avec force : je dois aller chez le coiffeur !
Malgré la distance j’entends déjà les quolibets et autres moqueries du type : « Franchement ya plus important et plus grave dans la vie » ou encore « Vu qu’il ne ressemble à rien, ce n’est pas avec une nouvelle coupe de cheveux que ça va changer grand-chose » … Ce n’est pas faux, oui mais sauf qu’ici c’est l’Afrique !
Et outre la chaleur humide qui concoure à faire s’alourdir ma belle crinière de plusieurs kilos (au bas mot !) laquelle stocke la transpiration telle un buvard, le climat extrême permet aussi à toute sorte de bestioles plus ou moins sympas de pulluler, lesquelles ne trouvaient pas meilleur nid ou meilleur planque que ma tignasse… Je n’irai pas jusqu’à prétendre qu’aller chez le coiffeur était devenu vital, mais la situation commençait à devenir critique !
Au risque de me répéter, ici c’est l’Afrique, et vous l’avez sûrement remarqué mais les africains possèdent un cheveu totalement différent du cheveu de la grande majorité des européens. Et aussi évident que cela puisse paraître, ça a une importance considérable au niveau du choix de son coiffeur ! J’ai donc pris les devants en sollicitant mes collègues locaux, afin de dégoter la perle rare : un coiffeur sachant coiffer … les blancs ! Et c’est finalement Césaire, géologue de l’équipe projets avancés, qui m’a trouvé le contact d’un coiffeur ayant des références en coiffage de blancs. Ce dernier n’étant pas installé à Franceville mais à Moanda (ville distante d’une soixantaine de kilomètres), ça sera donc pour ce samedi !!
Mes colocs ne voulant pas rater ça (histoire de pouvoir se foutre de ma gueule), je les embarque sur le coup de 15h. Après une dizaine de minutes de recherches laborieuses (nous ne connaissons pas la ville et les rues n’ont pas de noms), nous parvenons à localiser la « cahute » du coiffeur, laquelle est fièrement ornée d’un drapeau américain sur la façade extérieure (la prochaine fois je demande une coupe « Chuck Norris » !). Mes colocs s’installent au bar d’à côté avec une bière bien fraîche pendant que je m’installe sur le siège du coiffeur la gorge serrée et le front humide…
Près d’1h de travail sera nécessaire pour débarrasser Yanouche de son postiche, 1h pendant lesquelles mes sentiments ont oscillé entre espoir, prière, stress, soulagement, re-stress …. Au final le résultat est … pas trop mal, je sors du « salon » plus soulagé que déçu, rejoins mes colocs au bar adjacent, les fixent d’un regard inquiet : « Mouais c’est pas mal… ». Ok sympa, ils me ménagent !
De retour à la maison, face à moi-même (dans la glace), il y a comme un truc qui cloche… Mais quoi ? Pas de trou, ni de dissymétrie qui saute à l’œil… Mais il y a quand même un truc qui cloche !! Quelques minutes d’inspection supplémentaires me seront nécessaires mais j’ai finalement trouvé ce qui n’allait pas : une longueur de cheveux « étrange » sur le dessus. Allez hop à l’action, une paire de ciseaux et une main sûre permettront de corriger le tir et d’apporter la touche finale à ma nouvelle coupe de cheveux !
Pour vous foutre ouvertement de ma gueule, rendez-vous dans la galerie, mais attention il faut assumer et afficher vos critiques en commentaires !
mardi, mars 2 2010
Par Yanouche le mardi, mars 2 2010, 13:53
Après un samedi relativement paisible sans activités notables, Guillaume, Juliette et moi prenons la route dimanche matin pour découvrir les Plateaux Batéké.
Un détour par le boulanger en « centre-ville » de Franceville permettra à Juliette de commencer sa journée par une coquette amende de 24.000 Francs CFA (environ 37 €) pour non-port de la ceinture de sécurité… Le policier, que nous n’avions pas vu, a patiemment attendu que Juliette remonte dans la voiture avec le pain pour nous arrêter 50 m plus loin. Rien à dire, nous étions en tort et il nous a bien niqué !!
A peine refroidis par cette mésaventure, nous reprenons la route de Léconi, village de 6.600 habitants situé au cœur des plateaux Batéké, à quelques dizaine de kilomètre du Congo voisin. La centaine de kilomètres séparant Franceville de Léconi sont avalés assez facilement en moins de 2h, la route étant très bonne.
Une fois arrivés, et munis de notre fidèle « Petit Futé », nous recherchons le « Rendez-vous des chasseurs ». Il s’agit d’une auberge d’hôte tenue par un personnage bien connu dans le coin : le colonel Richter, colonel de la Garde républicaine à la retraite et chasseur assidu. Nous faisons donc une halte à l’auberge, rencontrons le personnage, fort sympathique et chaleureux, faisons un petit tour des chambres afin de repérer les lieux en vue d’une excursion de plusieurs jours dans le secteur. Après un petit rafraîchissement agrémenté de quelques récits de chasse au python, nous reprenons la route en direction du Canyon Rose, situé à une quinzaine de kilomètres de Léconi.
Les plateaux Batéké, ensemble géographique situé à l’est et au sud-est de Franceville, sont dotés de 3 canyons remarquables, énormes cirques creusés par l’érosion et comportant de nombreuses cheminées de fées : le Canyon Rose, le Canyon Blanc et le Canyon Vert. La zone est aussi pourvue en lacs de taille respectable : le Lac des Caïmans (en contrebas du Canyon Rose), le Lac bleu de Souba, le Lac bleu de Kayié, et le Lac Lamini.
Le Canyon Rose étant le plus proche de Léconi et paraît-il le plus spectaculaire, notre choix est vite fait, appuyé par les indications du colonel Richter. Après 10 kilomètres de route et ½ h de piste difficile car sableuse, nous arrivons sur le site. A la descente du véhicule nous sommes émerveillés par le paysage que nous contemplons (précipitez-vous dans la galerie photos, vous ne serez pas déçus !).
Une petite randonnée de moins d’1 h nous permettra de faire partiellement le tour du canyon et de prendre des photos, qui ne restituent cependant pas totalement le caractère monumental de l’ensemble, ainsi que les jeux de couleurs et de lumières. Faute de guide et par manque de temps et de préparatifs, nous ne pouvons pas descendre au cœur du canyon (où il est par ailleurs possible de camper), mais nous ne sommes venus là que pour « repérer » les lieux, et il ne fait aucun doute que nous allons mettre sur pied un week-end de rando/bivouac dans le coin dans le courant de l’année…
Hélas pour nous cette journée allait être ternie par une mauvaise surprise puisque de retour à notre véhicule, nous nous aperçûmes que la vitre arrière avait été brisée et qu’une partie de notre pique-nique avait été dérobé… Heureusement les températures sont plutôt chaudes dans le coin et il ne pleut pas souvent, il n’y a donc pas trop d’inconvénient à rouler toutes vitres ouvertes !
mardi, février 23 2010
Par Yanouche le mardi, février 23 2010, 14:21
Dites-moi pas que c'est pas vrai !!
Bien que m'étant exilé au Gabon, à 6.000 Kms de la France, plus exactement à Franceville, à l'extrême sud-est du Gabon (et à 600 Kms de la capitale) ; et bien malgré tout ça, figurez-vous que Nicolas Sarkozy en personne se pointe en visite officielle, au Gabon, à 6.000 Kms de la France, plus exactement à Franceville...
Dire qu'en 18 ans de présence à Pau, dans mon béarn natal, il ne m'a jamais été donné l'occasion de croiser la "star" politique locale, François Bayrou...
Ce n'est pas pour autant qu'il me sera possible d'apercevoir notre cher président, car outre sa petite taille légendaire, ce dernier va sûrement se déplacer en berline ou 4x4 avec vitres teintées, voir même en hélico...
Mais cela dit depuis 2 jours, j'ai le "plaisir" de contempler son joli minois quotidiennement dès que je prends la voiture ou que je me fais un footing, l'intégralité des lampadères longeant les principales artères de Franceville affichant le portrait des 2 présidents côte-à-côte avec le message : "Amitié Franco-Gabonaise". Et ce "plaisir" risque de durer longtemps si l'on considère qu'il y a encore 3 jours c'était les affiches invitant à voter pour le candidat Ali Bongo Ondimba qui pendaient à ces mêmes lampadaires (sachant que les élections présidentielles se sont terminées par la victoire de ce dernier le 30 Août 2009, soit il y a 6 mois...).
Le venue de Nico a été précédée il y a quelques semaines de messages à la radio du maire de Franceville, lequel priait les habitants ayant leurs résidences proches des routes de tondre correctement leur pelouse et de profiter de l'occasion pour repeindre les façades de leurs maisons...
Il s'avère que le président gabonais était déjà venue en visite officielle à Franceville il y a quelques semaines, et qu'à cette occasion il avait regretté l'état général de SA ville. Alors autant dire que cette fois, les petits plats ont été mis dans les grands.
Outre le débroussayage systématique aux abords des routes (il ne fait pas bon être une herbe folle ou un criquet par les temps qui courent), nombre de trottoirs ont été peints de blanc et rouge (plus de bleu en stock ?), les lampadères se sont vus orner des affiches décrites précédemment ainsi que de fanions aux couleurs du Gabon...
Tout a donc été fait pour que le court séjour de Nicolas Sarkozy (2 jours) lui soit aussi agréable que possible et que ce dernier ait l'image d'un Gabon dynamique et moderne...
Sarko et Bongo sont dans un bateau,
Qui va tomber à l'eau ?...
lundi, février 22 2010
Par Yanouche le lundi, février 22 2010, 15:45
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